UFFICIO NAZIONALE PER I PROBLEMI SOCIALI E IL LAVORO
DELLA CONFERENZA EPISCOPALE ITALIANA

Une évangélisation renouvelée pour promouvoir une pastorale sociale dans une perspective européenne

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12 Giugno 1999

ation Catholique (1964), col. 884. Nous aurions pu également citer son allocution aux membres des Commissions exécutives de la CEE et de l'EURATOM, Rome, 29.5.1967, dans Documentation Catholique (1967), col. 1061-1062 ou par exemple celle de Jean Paul II aux Présidents de parlements de la CEE, Rome, 26.11.1983, dans Documentation Catholique (1984), p. 7 ou encore celle adressée à la Preésidence du Parlement européen, Rome, 5.4.1979, dans Documentation Catholique (191979), p.432.
Paul VI, "Octogesima adveniens" Lettre apostolique au Cardinal M. Roy, 14.5.1971, n° 4.
Organisation, par le Conseuil de l'Europe, d'une Campagne de sensibilisation à la solidarité mondiale contre la pauvreté et l'exlusion sociale, L'Europe dans le monde - le monde dans l'Europe, septembre 1998-mai 1999, Document d'information (DAP/Camp.IS/(98)1F).
Paul-Marie Zulehner, Paroisse et évangélisation, Actés du Colloque Européen des Paroisses, dans Information und Themen, n° 73/74, Ed. OSA Ausbourg, 1998, p.71.P. Marc Feix Aumônier diocésan du centre d'Etude et d'Action Sociales - (CEAS) 5 rue Saint Léon F-67082 Strasbourg Cédex
Introduction Ce matin, il m'est demandé d'intervenir sur le thème suivant: "Une évangélisation renouvelée pour promouvoir une pastorale sociale dans une perspective européenne". Je souhaiterai commencer, si vous le permettez, par trois remarques liminaires qui veulent donner un cadre général à l'intervention qu'il m'a été demandé de faire devant vous aujourd'hui. - Premiere remarque liminaire: Je viens de Strasbourg en France, ville qui est le siège de certains institutions européennes. Il serait tentant de s'engouffrer de manière immédiate dans cette perspective européenne institutionnelle. Mais, vous avez sans doute en mémoire les images de plus de 70 voitures flambées dans la nuit de la Saint-Sylvestre à Strasbourg. Les médias à travers l'Europe tout entière ont largement fait écho de ces événements. Dans la nuit les incendies fascinant de ces voitures ou des poubelles on remplacé les pétards. Le jeu de cache-cache entre ces jeunes de 13-14 ans à 25-30 ans, les pompiers et la plice était un jeu grandeur nature, offert aux jornalistes présents. Ces événement pouvaient-ils laisser indifférents les chrétiens, les paroisses, les équipes pastorales?
Comme le souligne Christophe Lamm, un confrère prêtre en mission pastorale sur un des quartiers dits sensibles, nous ne devons pas confondre les actes et ceux qui les ont commis. Les tension étaient fortés avant même cette nuit. Tension entre le centre ville de Strasbourg largement et richement décoré à l'occasion des fêtes de Noël et des quartiers périphériques mornes et tristes, éloignés seulement de quelques centaines de mètres.
Tension entre des bandes rivales des différents quartiers: rumeurs qui circulaint, graffitis en tous genres à travers les cités, etc. Tension au sein d'une société, la société française (occidentale?), entre des jeunes sans repères et des adultes dont on peut observer una carence notoire quant à leur rôle d'aînés.
- Deuxième remarque liminaire: Un récent sondage sur les religions en Alsace-Moselle (concernant donc les diocèses de Strasbourg et de Metz, et représentatif de la population des 3 départements administratifs concernés et publié par un grand quotidien régional) donnait les quelques résultats suivants. A la question "à votre avis, en priorité, que doivent apporter les religions?", les sondés mettent en avant les actions de solidarité (50%), juste avant l'accompagnement spirituel des personnes (46%). Plus dans le détail, les enquêteurs du sondage ont demendé s'il était "souhaitable ou non que les institutions religieuses prennent position" sur des questions de morale, de société et de politique. Sur les huit thèmes abordés (avortement, vie en couple, chômage, euthanasie, homosexualité, écologie et problèmes d'environnement, politique économique, racisme), la majorité répond "non". Les refus les plus nets, comme le souligne le suoligne le journaliste Jacques Fortier, concernent la politique économique (77% de non), le chômage (70%). Même en additionnant les "oui, tout à fait" et les "oui, un peu" en réponse à la même questions, aucun thème ne dépasse les 40%! En ne considérant que les "oui, tout à fait", seul le thème ne dépasse les 40%! En ne considérant que les "oui, tout à fait", seul le thèmes du racisme réunit un quart de l'échantillon (26% exactement). Tous les autres thèmes sont à 15% ou en dessous, le chômage 11%, la politique économique ... 6%!
"C'est dire combien les sondés ne reconnaissent plus d'evidente légitimité aux institutions religieuses pour une parole publique sur la plupart des questions de vie en société" concluait le journaliste qui avait donné le titre suivant à son article: "Prie, partage et tais-toi".
- Troisième remarque liminaire: Nous apprenons à travers de nombreux récits bibliques que Dieu est porté vers l'homme. Il peut répondre, à notre avis, aux aspirations de l'homme à plus de justice, de dignité, de communion. Le théologien austrichien Paul-Marie Zulehner exprimait cela de la manière suivante: "Da ist ein Gott, der Sehnsucth hat nach dem Menschen, weswegen der Mensch Sehnsucht hat nach Gott!" ("Voici un Dieu qui est porté vers l'homme, en suite de quoi l'homme aspire à Dieu"). Citons pour mémoire cet extrait du psalme 62: "Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube:/ mon âme a soif de toi;/ après toi languit ma chair,/ terre aride, altérée, sans eau." (Ps 62,2).
Mon propos s'articulera en trois moments: 1. Un travail d'accompagnement humain 2. La tâche de l'Eglise dans la société 3. La question européenne
1. Un travail d'accompagnement humain Comme le suggère l'example que je vous ai livré des banlieues de Strasbourg, il est important de considérer qu'avant toute annonce explicite de la foi, il y a un travail d'accompagnement humain à réaliser, une tâche de convivialité à concrétiser. Il en va d'une nécessaire proximité à la vie quotidienne des personnes. "Les joies et les espoirs, les tristesse et le angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtont et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et le angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve ècho dans leur coeur" affirmaient les Pères conciliaires dans le prèambule de la Constitution pastorale de Vatican II "Gaudium et Spes".
La question sociale est bien ici au centre de nos préoccupations. Mais, comme l'a fait remarquer, fort justement, le sociologue français Alain Tourraine, cette question s'exprime plus aujoud'hui en termes d'espace, qu'en termes de classes sociales. "Nous vivons en ce moment, écrit le sociologue, le passage d'une société verticale, que nous avions pris l'habitude d'appeler une société de classes avec des gens en haut et des gens en bas, à une société horizontale où l'important est de savoir si on est au centre ou à la périphérie. (...) L'affaire n'est plus aujourd'hui d'être 'up or down' mais 'in our out'. (...) Ce qu'on appelle d'un terme symbolique la banlieue, c'est justement cette zone de grande incertitude et de tensions où les gens ne savent plus s'ils vont tomber du côté des 'in' ou 'out'." Ce travail d'accompagnement humain, cette convivialité et cette proximité sont le conditions nécessaires comme préalable à tout travail d'évangélisation. Notons toutefois que ces tâches préalables participent directement et par essence au travail apostolique lui-même. Le Christ n'a-t-il pas d'abord accompagné les personnes sur leur chemin de vie, afin d'inscrire la trace de Dieu dans cette trame? "Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux se rendaint à un village du nom d'Emmaus (...). Ils parlaient entre eux de tous ces événements. Or, comme ils parlaient et discutaient ensemble, Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit: 'Quels sont ces propos que vous échangez en marchant?'" (Lc 24,13-17). Vous connaissez la suite et comment finalement les yeux de ces deux disciples s'ouvrirent et quel changement de route s'opérât.
L'attention à la vie des personnes est une condition de tout travail pastoral. Dans une intervention récent au Comité socio-économique et politique de la Commission Sociale des Evêques de France, le théologien français Jean Joncheray remarquait que dans le contexte social et ecclésial qui est aujourd'hui le nôtre: "il n'est pas évident de garder ce partage de la vie quotidienne, des soucis, des relations 'naturelle' avec les gens, relations qui deviennent, au fil des ans, occasions de rencontres plus approfondies, et permettent de connaître les personnes à partir de l'ensemble de ce qui fait leur vie, et pas seulement sous l'angle de leurs questions, ou de leurs demandes, proprement religieuses. L'enjeu est bien d'inscrire le religieux dans la trame de la vie et non pas comme un service spécialisé, à part." Cette première tâche doit être remplie pour pouvoir aller plus loin. Sans elle rien n'est possible. Jean Joncheray nous le faisait encore heureusement remarquer: la dimension sociale dans les activités de type pastoral est importante. Il nous citait à ce propos de travailleurs sociaux qui, travaillant dans des quartiers présentés comme difficiles, se sont rendu compte qu'il pouvait être intéressant "d'analyser en quoi les paroisses catholiques développent des sociabilités, pour qui et par qui elles élaborent leur offre de citoyenneté (pour reprendre les termes d'un projet de recherche de 1992 en Seine Maritime). La communauté paroissale diffuse une éducation citoyenne", ajoutaient les chercheurs. Pour certains d'entre eux, notait encore le théologien, c'était une chose à laquelle ils n'avaient jamais pensé, véritable "tâche aveugle dans les évaluations des politiques publiques. La faible visibilité des institutions confessionnelles vient du fait que l'appartenence religieuse a été exclue - en droit - de l'identité sociale pour reveler du domaine de l'opinion privée. Cependant, identification à une communauté confessionelle ne semble pas pouvoir être réduite au privé." Claude Legrand va jusqu'à suggérer que l'on passe du "catholicisme social à la civilité chrétienne" selon le titre même d'un de ses articles. Le théologien allemand, Heinrich Pompey, exprime cela à sa manière sous l'angle de l'analyse institutionnelle et notamment les communautés paroissiales: "Les formes sociales tirent leur vitalité de deux 'réalités' fondamentales, d'une part des potentiels énergétiques (c'est-a-dire des énergies disponibles) et des idées et compétences dont elles disposent (c'est-a-dire de ce qu'ils savent de la vie et ce qu'ils proposent de vivre). Nous touchons là aux réalités fondamentales, telle que Jésus les évoque, quand il dit ancrer son anction dans la puissance et la sagesse de Dieu, ou encore comme Paul en parle, quand i l agit dans la puissance et dans l'Esprit. Il faut donc considérer les potentiels énergétiques d'une communauté, c'est-à-dire la diversité de formes sociales qui peuvent s'y développer, avant tout comme un cadeau et non pas comme une charge. Il s'agit de les entretenir (de les confirmer) et de les relier entre elles (les ériger en réseaux), pour que se dveloppent des synergies et pour que, de cette manière, avec et à partir des groupes ou individualités porteurs d'un visage chrétien différencié, une communauté puisse réellement vivre."
2. La tche de l'Eglise dans la société A la suite du préalable nécessaire que nous venons de décrire, il s'esquisse la tâche possible de l'Eglise dans la société actuelle. Je paraphrase ici à dessein les récents documents de la Conférence épiscopale française autour du théme "proposer la foi dans la société actuelle". Car c'est bien de la foi qu'il s'agit, mais là exprimée dans l'une de ses dimensions peculières. Pour cette annonce il y a pour l'Eglise, comme le suggère dans une intervention Monseigneur Joseph Doré, Archevêque de Strasbourg, trois conditions nécessaires auxquelles il en adjoint une quatrième. Ecoutons le: "Dans la situation que nous évoquons, il est d'abord demandé à l'Eglise ou aux Eglises de se recentrer sur leur Essentiel, qui est aussi leur spécifique. C'est-à-dire, pour far bref: sur Dieu et sur le sens qu'il est susceptible de donner à la vie, spécialement (puisque nous sommes en christianisme) quand on en lie la révélation à la figure et au destin de Jésus. Tout le reste, ou bien est su par ailleurs, ou bien ne relève pas de la compéténce des Eglise et des religions.
Encore faut-il ajouter que cet Essentiel, sur lequel donc elle est invitée à se recentrer, l'Eglise n'aucunement à prétendre à l'imposer, fût-ce par des moyens plus ou moins indirects. Elle a à la proposer. A le proposer vraiment, c'est-à-dire sans complexe ni détours; mais seulement à le proposer: à l'offrir, à le presenter pour des choix libres. (...)
Cela veut dire - autre condition - que l'Eglise est ici invitée au respect. Respect, des instances autres qu'elle-même et de leurs champs respectifs de compétence. Respect, et aussi reconnaissance et soutien, du politique et du juridique, de l'économique et du social, au titre particulier de leurs propres compétences. Respect absolu et constant, même lorsqu'il s'agit par hypothèse d'interpeller les partenaires, que ce soit pour les rappeler à leurs responsabilités propres ou pour protester contre leurs empiétements indus.
Concentration sur l'Essentiel qui est aussi le spécifique, attitude de simple mais vraie proposition, respect des autres compétences: à ces trois conditions (...), poursuit l'Archevêque de Strasbourg, on peut en ajouter une quatriéme. (...) La pratique d'un juste et large oecuménisme, qui sache faire généreusement et judicieusement place aux autres confessions et aux autres religions.
A ces conditons, on devrait pouvoir reconnaître (...) non seulement que la croyance, la foi ou la religion sont légitimes à titre privé - c'est bien le moins, quand même! -, mais que l'Eglise a sa place, que les Eglises et les religions ont leur place non seulement dans le sanctuarie intime de la conscience, mais dans la société. Car, à ces conditions, elles sont bel et bien susceptibles d'y jouer un rôle essentiel, et dont (...) on redécouvrira de plus en plus l'importance." Le christianisme, notamment en Europe, a une fécondité sociale et culturelle. Rappellons-nous ce que Jean-Paul II soutenait en 1988 devant les parlementaires européens: "D'autres continents connaissent aujourd'hui une symbiose plus ou moins profonde entre la foi chrétienne et la culture, qui est pleine de promesse. Mais, depuis beintôt deux millénaires, l'Europe offre un exemple trés significatif de la fécondité culturelle du cristianisme qui, de par sa nature, ne peut être relégné dans le sphère privée. Le christianisme, en effet, poursuivait Jean Paul II, a vocation de profession publique et présence active dans tous les domaines de la vie. Aussi, souligne le pape, si le substrat religieux et chrétien de ce continent devait en venir à être marginalisé dans son rôle d'ispirateur de l'éthique et dans son efficacité sociale, c'est non seulement tout l'héritage du passé européen qui serait nié, mais c'est encore un avenir digne de l'homme européen - de tout homme européen, croyant ou incroyant - qui serait compromis." Le christianisme n'est pas qu'une affaire privée. L'un de ses traits constitutifs est d'être public, d'être "politique", d'être social. En effet, la foi en Dieu implique nécessairement un engagement pour l'homme si l'on veut prendre au sérieux l'incarnation du Fils de Dieu. Le christianisme demande un engagement vers le prochain. C'est ce schéma théologique, qui passe par l'autre que moi, qui place le christianisme dans l'histoire, c'est-à-dire dans les conditions changeantés des sociétés. Le christianisme porte en lui une vocation publique: non seulement pour ce qui concerne sa profession de foi, mais aussi pour son implication dans les réalisations terrestres. En effet, "l'inculturation" de l'Evangile s'inscrit dans le mouvement de l'incarnation du Verbe: "Tu es mon fils; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré" (Lc 3,22).
Dieu rejoint le fond l'humanité, de toute humanité et de toute l'humanité. Il rejoint les cultures et milieux de vie comme des dimensions essentielles de l'humanité. C'est à l'Eglise missionnaire qu'il revient de rendre possible et de favoriser la rencontre de chaque culture avec le mystère unique de ce qui s'est accompli dans la vie et l'oeuvre de Jésus de Nazareth. Mais l'incarnation ne va jamais sans la croix. L'homme n'est pas seulement la créature faite à l'image et à la ressemblance de Dieu. En lui se côtoinet aussi le péché, le doute, l'éuloignement de Dieu ainsi que l'incapacité à realiser sa vocation divine. Or le Christ a rejoint le péché et l'obscurcissement de l'image de Dieu en nous. Il s'est chargé de la misère humaine et même de notre mort. La parole de dieu est devenue silence dans la mort acceptée pour vaincre le péché. La liturgie du Samedi saint rappelle précisément que le Fils de Dieu a séjourné trois jours dans la "mort séparatrice" avec le Père, conséquence du péché. Un tel mystère échappe à l'entedement humain - à la capacité de rationaliser, mais non d'éprouver et de célébrer - encore plus que la venue du Verbe en notre chair: "Si le grain de blé tombé en terre ne meurt..."(Jn 12,24).
3. La question européenne Considérant la construction européenne institutionnelle tant occidentale (Union européenne et Union de l'Europe Occidentale) que pan-européenne (Conseil de l'Europe), Paul VI et Jean-Paul II ont toujours revendiqué qu'ils n'avaient pas de compétence technique. Citons pour mémoire ce que Paul VI affirmait le 23 juin 1964 aux membres de l'Assemblée de l'UEO: "(...) sans sortir du domaine qui est le Nôtre pour empiéter sur votre compétence ni prendre des positions politiques qui ne conviendraient pas à la fonction que Nous exerçons, Nous voulons profiter de cette rencontre d'aujord'hui pour vous redire Nos encouragements." En affirmant cela devant des représentants d'istances démocratiques, les papes successifs affirment d'une part que dans l'exercice de leur Magistère ils ne sont pas techniquement compétents, mais que d'autre part leur prise de parole magistérielle et pubblique dans les instances politiques est exemplaire de l'engagements des chrétiens dans les débats de société, la construction européenne pour ce qui nous concerne ici.
De nombreux baptisés, membres du Peuple de Dieu, exercent leurs compétences techniques dans les domaines qui relèvent de leurs responsabilités. De nombreux "Pères fondateurs de l'Europe" n'étaient-ils pas des chrétiens engagés dans l'espace public. Cette intervention se place dans le cadre de ce Paul VI écrivait en 1971 dans sa lettre au Cardinal Roy: "Face à des situations aussi variées, il nous est difficile de prononcer une parole unique, comme de proposer une solution qui ait valeur universelle. Telle n'est pas notre ambition, ni même notre mission. Il revient aux communautés chrétiennes d'analyser avec objectivité la situation propre de leur pays, de l'éclairer par la lumière des paroles inaltérables de l'Evangile, de puiser des principes de réflexion, des norme de jugement et des directives d'action dans l'einsegnement social de l'Eglise tel qu'il s'est élaboré au corse de l'historire (...). A ces communautés chrétiennes de discerner, avec l'aide de l'Esprit Saint, en communion avec les évêques responsables, en dialogue avec les autres frères chrétiens et tous les hommes de bonne volonté, les options et les engagement qu'il convient de prendre pour opérer les transformations sociales, politiques et économiques qui s'avèrent nécessaires avec urgence en bien des cas. Dans cette recherche de changements à promouvoir, les chrétiens devront d'abord renouveler leur confiance dans la force et l'originalité des exigences éveangéliques. L'Evangile n'est pas dépassé parce qu'il a été annoncé, écrit, vécu dans un contexte socioculturel différent. Son inspiration, enrichie par l'expérience vivante de la tradition chrétienne au long des siècles, reste toujours neuve pour la conversion des hommes et le progrès de la vie en société, sans que pour autant on en vienne à l'utiliser au profit d'options temporelles particulières, en oubliant son message universel et étérnel." La proximité nécessaire dans toute approche des phénomènes liés au chômage et à l'exclusion sociale ne doit pas nous faire perdre de vue l'action internationale. Le Conseil de l'Europe, par example, vient de lancer une vaste campagne de sensibilisation à la solidarité mondiale contre la pauvreté et l'exclusion sociale: "L'Europe dans le monde - le monde en Europe".
Les principaux documents préparatoires de cette campagne soulignent tous cette dimension essentielle de la problématique: il est impossible de faire face aux graves problèmes que connaissent nos sociétés en agissant uniquement au niveau national. Citons l'un de ces documents: "Dans le démocraties européennes, il faudrait que les populations comprennent mieux que pour traiter de questions comme la pauvreté et l'exclusion, les inégalités du développement économique, l'environnement, les droits de l'homme et la démocratie, la criminalité et la corruption, la drogue, le racisme et les conflits ethiques, il est necessaire d'engager una action internationale sérieuse et coordonnée et d'adopter de nouvelles formes de gestion des affaires publiques. Les citoyens devraient aussi prendre davantage conscience de la nécessité d'empêcher la mondialisation d'accentuer encore les inégalités et de mettre en péril la diversité des cultures et des identités qui sont la richesse du monde. Nous devons cocevier ensemble un "nouvel art de vivre sur la Terre", dont nous reconnaissons tous le bien-fondé, pour établir un programme d'action à l'échelle mondiale et mieux comprendre le rôle de l'Europe et de ses sociétés dans la perspective de la mondialisation. Ainsi, nous remplirons un devoir moral, mais servirons aussi nos propres intérêts. En effet, nous ne pourrons réaliser notre nouveau projet européen que si nous sommes bien conscients de notre place dans le monde. Après tout, l'Europe n'est pas une planète: elle fait partie d'un ensemble, et de cette appartenance découlent des possibilités et des responsabilités." Dès lors, une question nous est directement adressée. Sans avoir la seule prétention du sens, que peuvent proposer l'Eglise, les Eglises, dans ce type de campagne et d'interrogations?
Quelle place peut-elle, ou peuvent-elles, occuper avec d'autres pour répondre ensemble à ces défis qui sont aujourd'hui les nôtres? Faire connaître une telle campagne est une chose. S'y impliquer concrètement, d'une manière ou d'une autre, en est une autre. Face aux questions sociales qui se posent à nous, il nous faut peut-être aujord'hui les considérer dans leur dimension internationale et mettre en commun nos forces et nos compétences, pour proposer des démarches alternatives ou différentes. Là encore, il nous sera nécessaire de discerner quel sera le lieu le plus pertinent de ces differéntes interventions. Il sera aussi et sans doute nécessaire de déterminer des objectifs. Nous ne pourrons les réaliser tous en même temps. Ils devront être hiérarchisés en objectifs à court, moyen et long terme. Pour sa part, le Saint-Siège soutien la Campagne en cours du Conseil d'Europe face au chômage et l'exclusion sociale, mais d'autres instances ecclésiales ont également vocation à s'y engager avec leurs propres moyens. Tout cela doit bien évidemment être réfléchi et concerté afin de dégager le maximum de synergies, qui permettent de répondre aux attentés précises de nos contemporains. Nous en revenons au nécessaire travaille d'accompagnement humain, préalable à tout discours d'évangélisation. Ce travail préalable est un acte de parole en actés.
Conclusion Pour conclure, je citerai ici une nouvelle fois le thélogien Paul-Marie Zulehner: "Si réellement nous sommes en contact avec le Dieu véritable de l'histoire, avec le Dieu de Jésus Christ, avec le Dieu qui, en la personne de l'un d'entre nous - en l'occurrence Jésus Christ - est devenu précisément l'un d'entre nous, ... si donc nous nous enracinons dans ce Dieu vivant de l'histoire, alors grace à lui, nous nous transformons en un peuple de frères (Koinonia). Et cela nous permet en même temps de devenir un peuple, une commaunauté qui s'insvestit plus vigoureusement au profit des victimes de l'injustice (Diakonia). Et partout où nous serons ainsi Eglise, nous rendrons manifeste, que ce soit à travers notre manière de vivre (Koinonia) ou à travers notre manière d'agir (Diakonia), que Dieu est avec nous. Et puis tout tranquillement, vous pouvez revenir au texte de Zacharie (8,23) et comprendre pourquoi à ce moment-là, des hommes issus de toutés les langues, saisiront par le pan de son vêtement un homme de Juda, le maintiendront et diront: 'Nous voulons aller avec vous, car nous l'avons appris: Dieu est avec nous.'" (File: Feix.doc)
1 Sondage réalisé par téléphone entre le 13 et le 26 juin 1998 sur un échantillon de 804 personnes du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle composé en tenant compte des équilibres de sexe, âge, de catégorie socioprofessionnelle et d'habitat. Fait à l'initiative de l'Institut de Droit Local, le centre CNRS "Société, droit et religion en Europe" de l'Univesité Robert Schuman, en partenariat avec les Dernières Nouvelles d'Alsace et l'Institut de sondage ISERCO, et notamment soutenu par le Centre D'Etude et d'Action Sociales (CEAS).
Paul-Marie Zulehner, Paroisse et évangélisation, Actés du Colloque Européen des Paroisses, dans Information und Themen, n° 73/74, Ed. OSA Augsbourg, 1998, p. 68.
3. Alain Tourraine, "Face à l'exlusion", dans Esprit, n° 2, février 1991, p. 8 cité par Jean Joncherey, Aménagement du territoire. Questions anthropologiques et ecclésiologiques, document dactylographié de la Commission Sociale de l'Episcopat Française, 1998, p. 5, également cité dans "Lien social et lien religieux en contexte pluri-ethnique et pluri religieux ou quand l'Eglise n'est pas au centre", art. dans Jean-Guy Naudeau et Marc Pelchat (sous la direction de), Dieu en ville. Evangile et Eglise dans l'espace urbain. Textés du Congrès de la Société internationale de théologie pratique, Outremont, Ed. Novalis, 1998, p. 64.
4. Jean Joncheray, Aménagement du territoire. Questions anthropologiques et ecclésiologiques, document dactylographié de la Commission Sociale de l'Episcopat Française, 1998, p. 8.
Jean Joncheray, Aménagement du territoire. Questions anthropologiques et ecclésiologiques, document dactylographié de la Commission Sociale de l'Episcopat Française, 1998, p. 6 qui cite un document dactylographié, projet de recherche diffusé par une laboratoire de recherche de l'Institut régional du travail social de Haute Normandie en 1992.
Claude Legrand, "Du catholicisme social à la civilité chrétienne", dans Urbanisme, n°291, nov-déc 1996, repris dans les Cahiers de l'atelier, n° 481, sept-oct 1998, cité par Jean Joncheray, Aménagement du territoire. Questions anthropologiques et ecclésiologiques, document dactylographié de la Commission Sociale de l'Episcopat Française, 1998, p. 6.
Heinrich Pompey , " Vivre l'exode d'être chrétien", art. dans Joseph Müller et Ottfried Selg, Nouveaux visages des communautés? Futures formes de l'identité chrétienne, dans Informationen und Themen, n° 86, Ed. OSA Ausbourg, 1998, p. 65-66.
Mgr Joseph Doré, "Avons -nous une âme, une coscienze pour décider nous-mêmes de nos choix de vie?", Homélie à l'occasion de la Messe pour la France le 12 juillet 1998 en la Cathédrale de Strasbourg, dans L'Eglise en Alsace, n° 9, septembre 1998, p. 6-7, texte repris dans la Documentation Catholique (1998), p. 945-946 (Titre de la DC).
Jean-Paul II, "L'Europe est un exemple de la fécondité culturelle du christianisme". Discours devant le Parlement européen, Strasbourg, 11.10.1998, dans Documentation Catholique (1998), p. 1044-1045.
Nous empruntos ici un passage de Marc Feix, Culture européenne et discours d'Eglise. Etude des interventions publiques du Saint-Siège auprès des organisations internationales d'Europe occidentale (1945-1991) à partir d'un point de vue sociolinguistique, These de doctoral présenté a l'Université des Sciences Humaines de Strasbourg - Faculté de théologie catholique de Strasbourg, Lille, Ed. Atelier National de Reproduction des Thèses, 1996, p. 300-301.
Nous empruntons ici une formulation du théologien strasbourgeois S. Knaebel dans un texte préparatoire au thème du Coloque Européen des Paroisses de Prague en juillet 1995.
Paul VI, Allocution à l'Assemblée de l'UEO, Rome, 23.6.19 64, dans Document

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